dimanche 1 février 2015

Du combat radio-électronique à la bataille de Marioupol ?


Depuis 8 jours, la bataille de Marioupol (Ukraine au moins pour encore quelques semaines ?) a commencé avec des combats d'infanterie et des bombardements violents. Les séparatistes ou autonomistes pro-russes cherchent à s'emparer de la ville. Si l'on dépasse l'observation des manoeuvres classiques au cours d'un combat principalement terrestre, certains observent une recrudescence de l'usage des drones et ... d'attaques électroniques. Si les drones sont maintenant bien ancrés dans les usages guerriers, les doctrines et l'imaginaire collectif de ce début de 21ème siècle, le brouillage des communications ne l'est manifestement pas complètement. Pourtant la doctrine soviétique était déjà claire, il y a 30 ans et tout le monde ne l'a pas oubliée...
"Pour mémoire, c’est surtout au niveau tactique qu’ils [les soviétiques] développent la guerre électronique par le concept de combat radio-électronique : la doctrine de l'Armée rouge prévoyait, en complément de l'artillerie, l'utilisation massive du brouillage terrestre pour neutraliser une partie significative des forces de l'OTAN." (cf.  Attention : cyber !)

Lors de la réunion extraordinaire de la réunion OTAN-Ukraine du 26 janvier dernier, le Secrétaire général de l'OTAN a déclaré que la Russie appuyait les séparatistes avec des moyens de guerre électronique :
"Russian troops in eastern Ukraine are supporting these offensive operations with command and control systems, air defence systems with advanced surface-to-air missiles, unmanned aerial systems, advanced multiple rocket launcher systems, and electronic warfare systems."

Le 29 janvier, les propos du général Hodges, commandant les forces terrestres américaines en Europe, nous éclairent. Selon lui les forces ukrainiennes souffrent des moyens offensifs de guerre électronique dont leurs adversaires disposeraient : une capacité exceptionnelle et importante de brouillage. La dépendance des forces ukrainiennes à la téléphonie mobile et aux communications non sécurisées et le manque d'habitude à manoeuvrer sous agression électromagnétique, apparaissent ainsi clairement comme des facteurs de défaite potentielle au plan tactique. Ceci est sous-entendu par le Premier ministre ukrainien Iatseniouk, lors d'une visite, le même jour, à l'Institut militaire ukrainien des télécommunications et de l'informatique.

Cette bataille nous montre qu'une armée moderne doit apprendre à combattre sous agression électronique (et maintenant numérique), doit disposer de nombreux moyens de localiser les moyens ennemis d'agression électronique, et elle-même disposer de brouilleurs et autres appareils d'attaque électronique en grand nombre.



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